La Woluwe en 1923

Histoire de la Commune d’Auderghem

L’histoire d’Auderghem, commune située au sud-est de Bruxelles le long du cours d’eau « la Woluwe », est riche d’événements historiques, culturels, artistiques et religieux.

Bien que les interprétations divergent quant à l’origine exacte du nom de la commune, deux possibilités s’offrent à nous. Il s’agit soit:

  • de la traduction française d’Ouderghem (« ouder »- ancêtre et « hem »-demeure)
  • d’une origine remontant à « Aldringahaim » (l’habitation de la famille d’Aldara ou du Franc Aldaric).

Plus évocateurs sont les noms des quartiers et lieux-dits de la commune comme:

Transvaal, Parc des Princes, Bergoge, Kalkhoven, Invalides, Pêcheries, Saint-Julien,,, Chasse Royale,Sainte-Anne ou Pinoy. (photos historiques)

D’autres noms de quartiers se perdent dans la nuit des temps mais demeurent vivants dans la mémoire collective de l’endroit, qu’il s’agisse de Potaerde (terre glaise), Lammerdries (pré des agneaux), Zavelken (montagne de sable), Melsdael (vallon dans un marais de boue), Beerenheyde (bruyère aux ours), Slangenbosch (bois des serpents) ou Ten Reuken (bois défriché).

A l’origine, Auderghem n’était qu’un hameau rattaché à Watermael et nichée au creux de la vaste clairière formée par la vallée de la Woluwe. Hameau qui regroupait une vingtaine de maisons abritant paysans, bûcherons et faiseurs de balais dont les familles vivaient de l’exploitation de la forêt.

En 1726, Auderghem sort de son isolement grâce à la construction de la chaussée de Wavre qui la transforme totalement et favorise l’accroissement de la population.

Le 1ier janvier 1863, le hameau compte 1600 habitants et devient une commune indépendante de Watermael.

Sous Léopold II, la construction de la ligne de chemin de fer reliant Bruxelles à Tervueren ainsi que la construction du boulevard du Souverain en 1910 sont des incitants à la modernisation et à la progression rapide d’Auderghem.(historique des noms de rues)

De par sa situation exceptionnelle, à l’orée de la forêt de Soignes, Auderghem est le lieu de passage obligé des amateurs d’air pur et de nature qui arpentent les sentiers de la Forêt.

Par le passé, Auderghem regroupait des industries telles que :

  • filatures, teintureries, ( Un vaste complexe industriel de filature de coton et de teinturerie « en rouge » avait été installé à l’Abbaye de Rouge-Cloître par un certain Brugelman qui y employait 125 ouvriers. Deux teintureries étaient installées dans la Commune). La tenue populaire de l’époque était le sarrau bleu des combattants de 1830, complété par un mouchoir rouge à pois et une casquette à visière de toile cirée vernie. Les femmes portaient
  • des jupons, des tabliers et caraco de coton bleu.
  • des verreries, une usine chimique,
  • une cartoucherie (La cartoucherie Marga qui fabriqua des munitions à destination de l’Afrique du Sud lors de la Guerre des Boers. Cela explique aussi le nom du quartier du Transvaal, du nom d’une région d’Afrique du Sud où à la fin du XIXe siècle, des ouvriers fabriquaient des munitions.
  • des blanchisseries qui était appréciée par la bourgeoisie et la noblesse bruxelloises.(En 1931, la rue de la Vignette comptait 22 entreprises familiales de blanchisserie et 19 repasseuses).
  • la célèbre brasserie de la Chasse Royale . (La Brasserie était située à la limite de la commune d’Etterbeek. Au XIVe siècle, s’y trouvait un pavillon de chasse en briques rouges et blanches qui servait de rendez-vous de chasse aux Gouverneurs généraux des Pays-Bas).

En 1881, la mise en service du chemin de fer Bruxelles Quartier Léopold-Tervueren permit à la commune de sortir de son isolement. C’est en 1931 qu’Auderghem assista à la mise en fonction de la première ligne électrifiée de Belgique. Cependant, le voyage prit fin en 1958 pour les marchandises et en 1970 pour les voyageurs.
Le terminus du tramway se situa longtemps devant l’ancienne maison communale (chaussée de Wavre) où de nombreux bourgeois débarquaient pour rejoindre la Forêt de Soignes.
Dès 1902, c’est le tram 25 qui rythma la vie de la commune suite à l’installation d’une ligne avenue de Tervueren, construite en 1897 pour l’exposition coloniale. C’est à l’emplacement de son terminus qu’en 1919 fut érigé un monument aux victimes de la Première Guerre mondiale.
Le tram 35 , venant de la Chaussée de Wavre, passait sur le Boulevard du Souverain et avait son terminus au Transval.

Le tram 35 Boulevard des Invalides

Aujourd’hui, l’industrie a disparu du paysage auderghemois qui accueille maintenant une large diversité de commerces et de professions libérales, des bâtiments abritant des sociétés multinationales et une partie des institutions européennes (dans le quartier Beaulieu).

Mais les vestiges du passé demeurent: l’Abbaye de Rouge-Cloître, le Prieuré de Val Duchesse, le Château de la Solitude, la Chapelle Sainte-Anne, le Château de Trois Fontaines mais aussi le Centre scolaire du Souverain, bâtiment du début du 20ème siècle dont le préau fut classé tout récemment, et le Centre d’Art de Rouge-Cloître qui abrite les peintres d’Auderghem.